Levé tôt, le Plouf cuit sur sa dalle rocheuse. Aujourd'hui on doit se rendre en pays Dogon et se renseigner sur les excursions possibles. Le compteur de vitesse du Plouf nous a lâché, on fonctionne désormais au GPS. Au fur et à mesure que l'on approche de Bandiagara, le paysage lunaire s'intensifie. On s'arrête notamment au niveau d'une arche et de dalles en équilibre précaire. Série de photos. Des dames arrivent avec leur progéniture pour quémander bics, argent, vêtements... C'est touristique.
On fait escale au village de Songho, Dogon mais pas sur la falaise. Un campement flambant neuf nous accueille et l'on prend un guide pour se balader. De jolis greniers en banco ornés de fétiches de chats morts pour faire fuir les souris. Ici, on pratique toujours tous les 3 ans le rite de la circoncision, sous un porche de la montagne. Pendant 3 semaines, les jeunes garçons restent enfermés le temps de la cicatrisation, et cela donne lieu à de grandes fêtes dans le village. Une étape initiatique pour devenir un homme. Les explications d'Ismail sont claires, il nous fait partager ses souvenirs et ses histoires, quand toute sa classe d'âge (60 pers) s'est retrouvée en "prison" parce que 2 d'entre eux avaient transgressé un interdit : discuter avec des filles pendant la période des 3 semaines. Le parcours est bien ficelé, on passe par la boutique de souvenirs, par l'école où le directeur- après son speech d'accueil dont il a une version en anglais qui dépasse de sa liasse de papiers - nous montre un cahier avec le nom des généreux donateurs.
On part pour Bandiagara. On arrive pour le déjeuner, et de nombreux guides tentent déjà de nous démarcher. Après une prospection de notre part, on fera confiance à Amadou pour 4 jours et 3 nuits au sud de la falaise, entre Kani Kombole et Begnimato. On fait un contrat manuscrit (Amadou ne sait ni lire ni écrire ), on part demain.