On repasse à Tamba pour faire de l’essence puis on part vers la frontière. Jusqu’à Koundara, on s’attend à une route terrible et dans un premier temps c’est du super bitume que l’on trouve. On prend un stoppeur qui s’avère être le président de l’association des parents d’élèves d’un des lycées de Tamba. Il nous dit qu’il sort d’âpres négociations mais n’a pu éviter la grève des profs qui réclament de l’électricité et des ordis pour leur lycée. Un bout de route contre un échange intéressant, exactement ce que nous recherchons. On le laisse au pont qui traverse le fleuve Gambie et nous continuons sur une route qui se transforme en piste mais reste très roulante (80km/h, whaouh !).
Après une pause ravitaillement à Médina Gounas, on rentre dans le parc national du Niokolo Badiar partagé avec la Guinée. A un moment, la route traverse une clairière, le temps qu’on percute – Charlotte pile – et toute la clairière se met en mouvement. Des centaines de singes se doraient la pilule là et s’enfuient maintenant à notre approche. On reste un moment à les regarder dans les sous bois et en reprenant la route, on s’aperçoit qu’il y a des groupes partout qui traversent régulièrement. Malgré ce qu’annoncent les panneaux, il est plus probable ici de percuter un singe qu’un cerf.
Au passage d’un village où on a allégrement zappé le gendarme qui dormait sous l’arbre, un panneau « Halte Douanes » traîne au bord de la route. Par acquis de conscience on va voir et c’est bien là : la frontière. Tampon sur le carnet de passage, sur les passeports, et bon voyage ! 5 minutes et 0 francs déboursés ! « Ah au fait, vous pouvez donner ce colis au militaire plus loin ? » Oui, oui, pas de problème. En fait, ce n’est peut être pas malin de prendre un colis en zone frontalière même s’il est donné par un flic. Après vérification il s’agit de thé et de sucre (si si du sucre, je l’ai goûté). Après avoir déposé le colis et 30km de no man’s land boisé et simiesque, on arrive au poste guinéen. Aussi facile que côté sénégalais, on se sent bienvenu en Guinée. On bénit le mec de l’ambassade de nous avoir donné le laissez-passer pour le Plouf.
Après, la piste se complique : des énormes trous nous obligent à slalomer à 2km/h. A un moment nous nous arrêtons pour inspecter un passage qui en plus est boueux quand deux taxis brousses chargés jusqu’à la gueule nous dépassent et traversent comme si de rien n’était. On les suit et ça passe, mais on est à la limite de ce qu’on peut faire avec le Plouf. On croise encore quelques troupeaux de zébus qui ne daignent pas bouger avant qu’on ne les pousse doucement avec la voiture, avant de s’arrêter pour dormir à 10km de Koundara. Gazelle, douche, dîner, dodo.