Après être allés dire bonjour aux hippos, on s’engage sur la piste qui traverse le parc vers l’est et la sortie de Koaba à 40km. Ensuite il nous restera une centaine de kilomètres au milieu de nulle part avant de rejoindre la ville de banikoara et la civilisation. Tous les rangers auprès de qui on s’est renseigné, nous on dit que c’était possible, mais c’est ambitieux : 140 km de pistes pourries, où si l’on casse on pourra attendre plusieurs jours avant qu’une voiture ne passe. Jusqu’à Koaba ça va, la piste zigzague entre les arbres, il y a quelques passages de rivières à sec un peu tendus mais on s’en sort. Sur la route on ne croise que des antilopes et quelques singes. Pourtant à un moment, on verra de belles empreintes de lion fraîches. Après les formalités de sortie du parc dans ce poste de rangers très reculé – juste quelques cases – ça se complique. En traversant l’Atakora on doit passer cinq fois un ruisseau à sec et à chaque fois il faut descendre pour virer les pierres trop grosses et trop saillantes. Plus loin, catastrophe, on se retrouve coincés au milieu d’une montée caillouteuse et ça patine. Plus moyen d’avancer. Si on ne passe pas, il faut faire demi tour jusqu’au campement de ce matin (4h de piste difficile) alors on s’acharne et en redescendant j’arrive à prendre assez de vitesse pour monter, le Plouf faisant des bonds inquiétants de pierre en pierre. Une chance, on a rien cassé, alors on continue avec l’adrénaline au maximum. Le demi tour est de moins en moins envisageable. On enchaîne sur une autre montée caillouteuse en se cramponnant au volant. Même en 4*4 la piste doit être difficile et on est sûrement le premier véhicule à deux roues motrices à passer par là.
Heureusement on est arrivé sur le plateau mais par contre on voit deux intersections non signalées sur la carte. On choisit la piste que l’on suit selon le nombre de traces (2 ici, trois là !), la direction et beaucoup de feeling… Vu notre vitesse de 10 km/h on commence à envisager le camping en brousse mais on n’a plus beaucoup d’eau (il fait 45°c) et ce n’est pas rassurant de passer la nuit sans savoir où l’on est. Finalement nos choix ont dû être les bons puisqu’on rejoint la piste principale. Ouf ! Il y a des troupeaux et leurs bergers peuls, des gens, on est sauvés.
Bon les 40 kilomètres jusqu’à la ville ne sont pas faciles avec des ornières profondes et de longues zones de Fech-Fech, mais sans le stress ça se passe bien. Arrivé à la ville on se prend une bière bien méritée avant d’aller se ploufer au milieu d’un champ de coton récolté. Grosse séance nettoyage du Plouf et des ploufistes avant le dîner et le dodo.